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Ferrari San Marco « L’icône du lac de Côme »
Avec son exceptionnel moteur V12 Ferrari d’usine, ce racer historique a rarement quitté son lac d’origine. Son étonnante aventure a commencé sur la piste des 24 Heures du Mans en 1953.

En 1953, Ferrari est encore une jeune maison qui déploie beaucoup d’efforts sur les pistes les plus variées pour imposer ses bolides rouges frappés du blason au fameux cheval cabré. C’est l’année du premier championnat du monde des marques et Commendatore de Maranello va donc lancer une meute de trois berlinettes 340MM à l’assaut d’un titre international très prometteur au plan commercial. Parmi ces prétendantes, une d’elles va être transformée en cours de saison pour affronter les 24 Heures du Mans avec une cylindrée légèrement supérieure. On sait que chez Ferrari, la désignation chiffrée des anciens modèles correspond à la cylindrée unitaire d’un des douze cylindres de ses fantastiques moteurs. On prend ce nombre qu’on multiplie par douze. Ainsi les 340MM font-elles 4L de cylindrée, mais celle qui porte le numéro de châssis 0318AM va passer à 4,5L ; donnant ainsi naissance à la légendaire lignée des 375MM.

Confiée aux as des as Alberto Ascari et Luigi Villoresi, elle bat le record du tour au Mans en dominant l’épreuve avant d’abandonner. A la fin de la saison, alors que le premier titre mondial est en passe d’être gagné par Ferrari, ses voitures partent dans le désert du Mexique disputer la terrible Carrera Panamericana. Une nouvelle fois, la 0318AM, pilotée cette fois-ci par l’équipage Stagnoli-Scotuzzi, est largement en tête avant de sortir de la route à près de 270 km/h après l’éclatement d’un pneu. La voiture est détruite, les 2 pilotes tués ; seul le moteur, intact, est sauvé et conservé pieusement dans le garage d’une grande écurie de course de Milan. C’est là qu’un certain Guido Monzino le rachète pour le monter dans le racer de 800 kg qu’il fait construire, en 1957, chez San Marco. Monzino est déjà bien connu du public pour son importante chaîne de magasins « Standa », mais surtout pour ses expéditions lointaines amplement relayées par les médias, qui en font presque un héros national. Notre homme est un grand explorateur fortuné qui finance lui-même ses aventures au sommet des plus hautes montagnes du globe, de l’Himalaya aux Andes, sans oublier le pôle Nord. Sans aucun doute, Monzino aime les paysages grandioses et les belles choses que ses moyens lui permettent d’acquérir sans restriction.

Ses bureaux sont à Milan, mais il réside le plus souvent possible dans une des plus belles villas du lac de Côme, si ce n’est du monde, à la Punta del Balbianello où fut tourné un récent James Bond. Il y mène une existence à la fois sportive et raffinée. C’est là aussi, quand le temps le permet, qu’il fait venir son racer Ferrari d’un chantier voisin. Les domestiques le voient alors monter, impeccablement habillé, dans le cockpit du San Marco rouge, larguer les amarres et filer vers Côme dans le rugissement des 12 cylindres de son moteur de course. En une quinzaine de minutes, le voici qui apponte au Yacht Club où l’attend sa Ferrari à 4 roues qu’il conduira vers Milan à vive allure. On pourrait dire que Monzino a une Ferrari à chaque port. Mais, ce n’est pas un pilote qui participe aux championnats autour des bouées. Seul l’attire exceptionnellement le raid Pavia-Venezia, une course contre la montre en ligne droite et qui s’apparente à une aventure grandiose sur un fleuve presque sauvage, comme au bout du monde.

Dix ans plus tard, à la fin des années 1960, Monzino aime toujours les Ferrari mais moins ses escapades aquatiques sur un cheval cabré. Remisé au chantier, le bateau est presque abandonné là où un jeune étudiant aux Beaux-Arts de Milan, mais habitant lui aussi sur le lac de Côme, le découvre et tombe fasciné par l’esthétique de l’engin. Nous sommes en mai 1969 et l’Italie connaît les évènements que la France a vu éclater un an auparavant. Monzino accepte avec peine de recevoir cet original du nom de Jost qui n’a rien d’un extrémiste violent mais qui vient de l’Académie des arts de Brera, le creuset de l’agitation gauchiste. Finalement, l’affaire se conclut et le jeune passionné va prendre livraison du bateau qui a grand besoin d’une révision. Les coques à 3 points sont délicates et l’on ne se lance pas sur les eaux avec un V12 Ferrari de compétition sans prendre certaines précautions. Dody Jost, qui possède le motel « Nautilus » situé sur un site exceptionnel du lac de Côme avec son port privé, protège son trésor quelques années avant d’entamer sa restauration totale. La coque est alors confiée à Luccini, le chantier de Côme réputé en compétition, et le moteur à Diena Sport Auto, le spécialiste des Ferrari les plus rares, à Modène. Pièce à pièce, tous les éléments sud racer reprennent force et beauté, mais le processus demande encore des années d’efforts avant d’atteindre une forme de perfection avec sa mécanique démarrant au quart de tour. Exposé récemment au Museo Casa Ferrari de Modène, le San Marco V12 fascine les experts de l’usine de Maranello. Pendant longtemps, ils se sont peu intéressés à la présence des moteurs du Commendatore sur l’eau, mais en 2012, le département Ferrari Classiche chargé de l’authentification des Ferrari les plus exceptionnelles, a fait le déplacement jusqu’au bateau. Après examen minutieux, le moteur a reçu sa certification officielle, lui reconnaissant dès lors toute son originalité historique. On ne badine pas avec les expertises car les enjeux sont de taille. Les Ferrari de collection dotées d’un pedigree d’exception atteignent des sommes aux enchères. Ainsi, la 375MM 0320AM, « sœur cadette » équipée du même moteur, a trouvé preneur à près de dix millions d’euros. Mais cela ne trouble pas la sérénité et le plaisir de naviguer du pilote au racer rouge, le même depuis plus de 40 ans, sur le même lac, quand seule la passion guidait la main de l’amateur sans aucune arrière-pensée spéculative.

Article tiré de « Neptune Yachting Moteur » N°212 S – Décembre 2013
Ecrit par Gérald Guétat
Photo n°1 : www.threepointhydroplanes.it
Photo n°2 : Brian Snelson
Photo n°3 : Morio


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